Bande dessinée et librairie indépendante : une histoire d’amour en 2018

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S’appuyant sur les 200 établissements qui constituent le réseau d’où proviennent ses données, L’Observatoire de la librairie brosse un tableau intéressant des ventes de livres en France. La librairie indépendante a pu souffrir lors de ces dernières semaines, et pourtant, affiche un léger sourire. Léger.

Librairie La Friche
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Au niveau national, 2018 serait plus profitable que 2017 : une hausse du chiffre d’affaires à 0,6 % – il faut rappeler que les années d’élection présidentielle sont souvent catastrophiques. On avait perdu 1,9 % en 2017, et, à données comparables, 2018 enregistrerait plutôt un recul de 0,7 % en regard de 2016.

Cependant, les mouvements sociaux de fin d’année ont bousculé les points de vente : du 17 novembre au 16 décembre, la librairie perd 3,3 %. Les deux samedis de mobilisations des Gilets jaunes, les 8 et 15 décembre ont eu pour conséquence des reculs de 13,9 et 16,84 %.

Cependant, dès le 17 décembre, la situation s’est améliorée avec un vrai retour au beau fixe : 7,2 % du chiffre d’affaires annuel s’est opéré durant la semaine du 17 au 23 décembre. Les trois premières semaines ont donc été déficitaires, mais l’ensemble du mois représente une croissance de 0,8 % sur les ventes immédiates.
 

Rentrée littéraire ? Bof bof bof

L’Observatoire évoque une rentrée littéraire 2018 qui fut « décevante », malgré la bonne tenue du rayon littérature. Le grand format augmente de 2,9 % – 4,4 % de mieux pour la littérature française, mais – 0,6 % pour la littérature étrangère.

Sur l’année prise plus largement, les choses sont plus nuancées : du 1er janvier au 19 août, on affiche 7,7 % de croissance, mais du 20/08 au 31/12, un recul de 2,1 %. Avec un top 3 des meilleures ventes pour la première période composé de : Couleurs de l’incendie, de Pierre Lemaître (Albin Michel), L’Amie prodigieuse tome 4, d’Elena Ferrante, (traduction Elsa Damien – Gallimard) et 4 3 2 1, de Paul Auster, (traduction Gérard Meudal – Actes Sud).
 

« L’évolution des ventes de littérature en poche montre que l’appétence des lecteurs envers la fiction n’est pas affectée. En effet, les ventes de romans en poche progressent de manière constante : +2,3 % sur l’année (+2 % avant la rentrée littéraire et +2,7 % après le 20 août). Les ventes de romans policiers et thrillers s’essoufflent : -2,9 %. Au global, la fiction progresse (+1,4 %) », relève l’Observatoire.
 

La bande dessinée, sur tous les fronts

En revanche, une grande révélation : l’audiolivre a pu mobiliser l’attention de beaucoup, c’est tout de même la bande dessinée qui s’est taillé la part du lion. Avec une croissance de 6,3 %, c’est la plus forte augmentation suer l’année. Notons également que fiction, jeunesse, sciences humaines et bande dessinée réalisent 72 % du chiffre d’affaires global.
 

« En littérature on a eu du mal cette année à trouver les locomotives, mais on les a trouvées dans d’autres secteurs notamment en bande dessinée, avec des phénomènes éditoriaux hors du commun comme L’arabe du futur de Riad Sattouf, qui sans doute vient aussi capter une clientèle qui habituellement lit de la fiction en forme romanesque », conclut Xavier Moni, président du Syndicat de la librairie française.

Source

“N'oublie jamais”, de Nicholas Sparks, en comédie musicale à Broadway
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