Deux nouveaux jurés pour l’Académie Nobel de Littérature

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Alors que le prix Nobel de la Paix vient tout juste d’être attribué, l’Académie de Littérature, toujours chamboulée, vient d’élire de nouveaux membres. Courageux, car, après le scandale sexuel qui l’a éclaboussée, l’organisation devra commencer par remonter la pente auprès de l’opinion publique.

 

C’est assez logiquement que les deux lauréats du prix Nobel de la paix ont été salués : leur engagement pour lutter contre les violences sexuelles, comme « armes de guerre » dans les affrontements est connu. Et cela permet également de recadrer l’opprobre qui a littéralement fait imploser l’Académie de Littérature. 
 

C’est ainsi que Denis Mukwege et Nadia Murad ont été récompensés. Lui est gynécologue au Congo, elle, victime d’agressions sexuelles du groupe Etats islamique, est devenue porte-parole des Yazidis. 

« Denis Mukwege et Nadia Murad ont tous les deux risqué personnellement leur vie en luttant courageusement contre les crimes de guerre et en demandant justice pour les victimes », affirme la présidente du comité, cité par l’AFP. 

Et dans le même temps, alors que le mouvement #metoo a conduit à la démission de nombreux jurés de l’Académie littéraire, Jean-Claude Arnault, accusé et reconnu coupable de viol, vient de finir son procès. Expéditivement. 

La secrétaire perpétuelle, Sara Danius était en effet démissionnée en avril dernier, après que trois jurés décidaient de quitter l’institution, salie et souillée par les accusations d’agressions sexuelles contre Jean-Claude Arnault. 

Or, pour assurer son bon fonctionnement, l’Académie avait besoin de recruter de nouveaux jurés. Lars Heikensten, directeur de la Fondation Nobel, avait posé en mai dernier sa volonté forte de changement : nouveaux membres, nouvelle conduite, et surtout, parvenir à regagner la confiance de chacun. 

C’est que les divergences d’opinions sur la manière d’affronter le scandale avaient véritablement fait imploser l’Académie, qui avait un besoin urgent de renouveau. « Nous avons fait un bon bout de chemin pour rétablir la confiance [au sein du jury, NdR]. Les choses semblent désormais différentes », note Anders Olson, secrétaire perpétuel par intérim. 
 

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Ainsi, Jila Mossaed, poète iranien né à Téhéran, exilé en Suède, âgé de 70 ans et Éric Runesson, né en 1960, juge à la Cour suprême, viennent d’entrer dans le jeu. Cela permet à l’Académie de retrouver un quorum qui va pouvoir relancer l’activité.

« L’élection de deux nouveaux membres est positive. J’espère que l’Académie suédoise parviendra à peu à peu retrouver la confiance en l’institution et qu’elle pourra maintenant poursuivre son travail », assure le roi de Suède, Carol XVI Gustaf, qui parraine l’Académie. Il avait lui-même procédé à une modification des statuts pour autoriser une démission des membres, et un remplacement. Il fallait auparavant attendre la mort des jurés…

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