Interforum : des représentants écrasés sous la carte et les territoires

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Le projet Phoenix porté par le groupe Editis pour sa filiale de diffusion/distribution Interforum devait apporter une évolution commerciale. Pour autant, l’animal peine à renaître de ses cendres. Les remontées des diverses réunions laissent les équipes plus inquiètes que jamais.


crédit Interforum
 

En premier lieu, c’est la disparition d’une équipe de littérature, avec replacement des représentants « dans des conditions peu sereines », souligne le CHSCT dans un rapport consulté par ActuaLitté. Une autre équipe, jeunesse et manga, se retrouve avec un secteur plus large à couvrir. Enfin, l’équipe proxi et les deux dédiées aux hypers se trouvent repensées et finiront « encore une fois [par] essuyer les plâtres d’une nouvelle organisation pensée en amont ».
 

Phoenix, loin d’être lumineux

Au final, les équipes se réduiront de 48 représentants à 39, avec deux animateurs clientèle, dont le rôle ne semble pas clairement défini. Alors que le chiffre d’affaires et les parts de marché sont « en perte de vitesse », après quasi deux années, ces réductions de personnel ne devraient pas améliorer la situation.  

La perspective commerciale, repensée, aboutirait à ce que les clients pas assez rentables ne reçoivent plus que des visites très espacées. Avec pour conséquence, redoute-t-on, que le chiffre d’affaires global n’en soit que plus impacté. La direction adopterait par là même une politique centrée sur la librairie. Et ce, au risque de laisser « de côté un territoire où Interforum doit pourtant continuer à être présent s’il ne veut pas encore perdre plus de parts de marché ».

Pour les salariés, l’année 2019 incarne d’ores et déjà une période de craintes, appuyées par « un ras-le-bol généralisé », nous explique-t-on. D’abord, le risque humain et routier : avec des secteurs plus vastes à couvrir, la fatigue et les kilomètres supplémentaires deviennent une source d’angoisse. 

« Concrètement, la charge de travail est trop lourde, et nous manquons de postes : on aboutirait à un trop grand nombre de visites d’établissements, en regard du temps de présence disponible sur une année. » Pour certains, il faudrait passer à trois visites quotidiennes pour remplir les impératifs…
 

Un appel à la mobilisation possible

Marie-Pierre Sangouard, nommée directrice de la diffusion en janvier dernier, a été interpellée à plusieurs reprises par les équipes, qui réclament de véritables négociations. Et si elles ne viennent pas, « un appel à la mobilisation et la solidarité se fera entendre ». 

Le « flou artistique » de ce nouveau découpage aura pour conséquence directe « une dégradation de la qualité du travail. Et quelle perspective doit-on attendre de ne plus visiter que les clients qui font du chiffre ? », s’interroge-t-on.

La réduction des équipes hypermarchés et librairie de proximité se traduira par plus de 20 % des effectifs – le passage de 49 à 39 personnes. « Un plan social déguisé », suppose-t-on. D’ailleurs, une pareille réorganisation traduirait en réalité « une volonté délibérée de négliger la petite librairie de proximité – déjà en difficulté –, richesse du tissu commercial français ? »
 

En effet, pour les équipes qui analysent la situation, des structures comme Carrefour ou Géant Casino ne seraient donc plus visitées. 

Et de déplorer que les éléments concrets sur le projet Phoenix n’aient été distillés qu’au compte-gouttes, jusqu’à la semaine passée, « pour clairement éviter de susciter des réactions trop rapidement. Mais elles arrivent tout de même ». Le Comité d’Entreprise ainsi que le CHSCT avaient rendu un avis unanimement défavorable aux propositions fin octobre et début novembre.

Une réunion commerciale a été demandée avec Marie-Pierre Sangouard par les commerciaux, en amont des discussions qui devraient se tenir ce 17 décembre.

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