Israël cherche à expulser l’auteure Susan Abulhawa

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Dans la nuit du 1er novembre, l’auteure américano-palestinienne Susan Abulhawa a été arrêtée à l’aéroport Ben Gourion, en Israël. Elle se rendait à un festival littéraire en Palestine. Après une période de détention, explique son avocat, les autorités ont tenté de l’expulser au motif qu’elle ne disposait pas de visa…

Aslan Media, CC BY ND NC 2.0
Susan Abulhawa a 48 ans : elle devrait intervenir au festival de littérature palestinienne qui se tient du 3 au 7 novembre, invitée par le British Council, sponsor de la manifestation. Mais outre son activité d’auteure, elle est également partisane de la campagne BDS, Boycott, Désinvestissement et Sanctions.

Ce groupe intervient régulièrement pour dénoncer le comportement d’Israël à l’égard des Palestiniens. Or, le pays a déclaré récemment qu’il interdirait à ses partisans d’entrer sur son territoire. Une proche de l’auteure, Linda Hanna a assuré que l’auteure n’avait pourtant pas été interrogée sur des questions politiques lorsqu’elle a été arrêtée.

BDS interdit de séjour en Israël

Au cours de l’été, Israël a procédé à l’expulsion de plusieurs militants BDS – comme Ariel Gold, de CodePink ou encore Katherine Franke, professeure de droit en Colombie et membre de Jewish Voice for Peace.

Les autorités israéliennes avaient surtout en mémoire qu’elle avait été expulsée d’Israël et qu’elle aurait, pour y revenir, dû demander l’octroi d’un visa. Un point légal que l’écrivaine ignorait totalement, assure son amie. C’est pourtant en mars 2017 que le Parlement a adopté une législation très controversée interdisant littéralement aux membres de BDS de séjourner sur le sol israélien.

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Elle devait comparaître devant le juge ce 2 novembre – avec une certaine clémence, toutefois, ayant appris que le festival dépendait en grande partie de sa présence.

Expulsion actée, en attente de l’appel

Pour autant, le juge a décidé de son expulsion, sans autre forme de procès. Susans Abulhawa a fait appel de la décision, mais personne ne sait quand ce dernier sera entendu. Un avocat du British Council ainsi que l’ambassade des États-Unis se sont rapprochés des organisateurs de la manifestation, mais n’ont pas pu prendre attache avec elle.

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Le problème vient également de ce que l’auteure est un best-seller parmi les plus importantes chez les écrivains arabes. Son livre Mornings in Jenin est devenu un succès mondial, traduit en 28 langues.

Les matins de Jenine : Comme son père, et comme le père de son père, Hassan vit de la culture des olives dans le petit village palestinien d’Ein Hod. Mais en 1948, lors du conflit qui suit la création de l’Etat d’Israël, Ein Hod est détruit et ses habitants conduits vers un camp de réfugiés. Pour Hassan, cet exil s’accompagne de la douleur de voir l’ancestral cycle familial brisé à jamais. Son jeune fils Ismaïl a été enlevé par des Israéliens qui lui cacheront ses origines. L’aîné, Youssef, grandira dans la haine des juifs, prêt à toutes les extrémités. Quant à Amal, sa fille, elle tentera sa chance aux Etats-Unis, inconsolable cependant d’avoir fui les siens. La guerre les a séparés. Elle seule pourra les réunir…

Le livre est paru chez Pocket en 2009, traduit par Michèle Valencia.

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