Kofi Annan, au service des hommes et de l’humanitaire

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Prix Nobel de la Paix en 2001, grande figure du Ghana, Kofi Annan avait incarné avec force et hauteur de vue l’Organisation des Nations unies en tant que Secrétaire général pendant près d’une décennie, de 1997 à 2006. Il est décédé dans la nuit du 18 août, à l’âge de 80 ans. 

WSIS Forum 2013
ITU Pictures, CC BY 2.0
 

Secrétaire général des Nations unies pendant dix ans, Kofi Annan a été au centre des grands événements géopolitiques de notre temps. Il fit paraître en 2013 un ouvrage où il découvrait les coulisses de la diplomatie mondiale durant l’une des périodes les plus agitées de l’histoire récente.

Il évoquait alors les personnages qu’il a rencontrés : Nelson Mandela, George W. Bush, Tony Blair, Jacques Chirac, Yasser Arafat, Ehud Barak, Benyamin Netanyahou, aussi bien que Saddam Hussein ou encore Hafez et Bachar el-Assad. 

« Infatigable et ardent partisan du dialogue, de la paix et du multilatéralisme, il avait continué ces dernières années à se battre pour la justice, la paix et le développement aux quatre coins de la planète, à travers ses activités au sein de l’organisation mondiale contre la torture, parmi le comité des Sages créé par Nelson Mandela, pour des missions de l’ONU en Birmanie, en Syrie ou en Éthiopie », indique Emmanuel Macron dans un communiqué. 

Il préfaça de nombreux ouvrages évoquant les enjeux de l’ONU, de la paix dans le monde et de géopolitique plus globalement. Il débuta à l’Organisation mondiale de la santé en 1962. Son premier mandat de secrétaire général de l’ONU ne débuta qu’au 1er janvier 1997. 

Très engagé dans l’Alliance pour la révolution verte en Afrique, il avait créé sa propre fondation en 2007 afin de poursuivre ses combats de toujours. Il avait lui-même fait sienne la phrase d’Harry Truman : « La responsabilité des grands États est de servir et non pas de dominer les peuples du monde. » 

Au cours de sa carrière, il aura été un ardent défenseur de la paix, du développement durable, des Droits de l’Homme et de l’État de droit. « Partout où il y avait de la souffrance ou une nécessité, il s’est consacré à ces causes, et a ému beaucoup de personnes de par sa profonde compassion et son empathie », relève sa Fondation.
 

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Il aura plaidé pour que, dans le monde entier, les Nations unies servent plutôt les intérêts des hommes que ceux des États et qu’elles interviennent davantage dans les crises humanitaires au lieu de rester en dehors. Cet ouvrage n’est pas seulement un livre de Mémoires, c’est un document exceptionnel et une réflexion sur l’ordre du monde.

« Kofi Annan nous rappelle que les Nations unies doivent continuer à compter », assurait Bill Clinton. 

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