L’industrie du livre réalise 2,319 milliards € en Espagne sur 2017

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La progression pour l’année 2017 du marché du livre espagnol est frémissante : 0,1 % de mieux, pour atteindre 2,319 milliards €. Mais cette hausse est moindre que celle constatée les années passées. En cause, la baisse des ventes de manuels scolaires. 

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Joan Sorolla, CC BY 2.0

La Federation des Associations d’éditeurs d’Espagne a présenté les résultats du commerce en 2017. Si le segment scolaire n’avait pas plombé les résultats, la croissance serait de 2 % affirme-t-on. D’ailleurs, si les ouvrages de vulgarisation se maintiennent, dictionnaires et encyclopédies sont durement frappés.

Mais l’enjeu est plutôt du côté de la reprise du format livre de poche, qui renaît après cinq années consécutives de déclin. Avec 91,88 millions €, ce format revient sur le devant de la scène, pour le plaisir de chacun. En effet, avec 11,94 millions d’exemplaires vendus, et une augmentation de 2,9 % du nombre de titres édités, le prix moyen de 7,69 € a fini par convaincre.

Le livre numérique, pour sa part, continue d’évoluer lentement. Il a rapporté 119 millions €, soit 1,6 point de croissance. Son prix moyen, de 9,3 € – mais toujours avec une TVA de 21 % – reste attractif, sans parvenir à convaincre. À ce jour, l’offre globale est de 178.154 livres, avec 47.000 publications numériques en 2017.

Miguel Barrero, vice-président de la Fédération souligne que le rythme de progression s’est érodé en regard des années passées. Le piratage et la TVA trop forte sont pointés du doigt. « Cela dit, il est important de noter qu’après quelques années de croissance rapide, il y a un ralentissement sur tous les marchés, quand ce n’est pas une réduction du chiffre d’affaires. De la sorte, le comportement du marché espagnol reproduit ce que l’on retrouve dans d’autres pays. »

Autre point important, les exportations : on atteint 2,9 % de croissance, pour s’établir à 588,8 millions €. 

Dans la répartition, la fiction tire son épingle du jeu, avec + 1 % en regard de 2016, et pèse désormais 19,5 % des ventes totales. Le secteur jeunesse affiche 3,2 % de mieux, pour 286 millions €. 

La bande dessinée est en croissance de 4,2 % et les ouvrages scientifiques, techniques et universitaires progressent de 4,3 %. 

La production, et la richesse qui y est associée, restent largement captées par, respectivement, Barcelone et Madrid, qui représentent 93,1 % des revenus – 50,8 % et 42,3 %. 

Une autre réalité continue de se dessiner : en 2007, le marché représentait 3,123 milliards €, et l’industrie accuse le coup d’une perte de 25 % du chiffre d’affaires au cours de la crise traversée. 


 

Pour les éditeurs, malgré un prix moyen de 14,66 € pour les livres, la diminution des achats en bibliothèques publiques et le piratage continuent de brimer le marché. Ce sont pourtant 87.262 titres avec un tirage moyen de 2753 exemplaires qui ont été produits en 2017 – soit un catalogue total, à date, de 656.080 titres.

Dans le détail, 75,6 % des ouvrages ont été publiés en espagnol, 13,8 % en catalan et 2,3 en galicien, ainsi que 2 % en basque.

Ce sont 157,88 millions d’exemplaires qui ont été vendus, soit 0,4 % de plus qu’en 2016. 

Daniel Fernandez, président de la Fédération, estime que « le secteur attend que le nouveau gouvernement donne l’impulsion nécessaire à des politiques de promotion de la lecture, avec un budget pour l’acquisition de livres dans les bibliothèques, et des mesures décisives pour la protection de la propriété intellectuelle ».

Le détail se retrouve ici.

Source

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