Problèmes du livre numérique dans les universités françaises

Livre numériques dans les universités françaises : pourquoi ça coince ?C’est un constat que l’on aime partager, et qui semble parfois rassurer l’édition scientifique : les étudiants préfèrent le livre papier aux livres numériques. Mais peut-être cette tendance s’explique-t-elle en observant l’offre, et non seulement par l’inclination du lecteur.

Le rapport d’Olivier Caudron, inspecteur général des bibliothèques, publié en octobre 2017 et remis à la ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, fournit en tout cas quelques pistes.

Les dépenses des universités françaises pour le livre numérique demeurent « modestes » remarque le rapport, malgré une hausse mesurée ces dernières années : il représenterait en 2015 4,2 % des dépenses d’acquisition des services communs de documentation.

Du côté des facteurs qui expliqueraient ce manque d’intérêt pour le livre numérique dans les universités, l’Association des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation (ADBU) signale depuis quelque temps une offre insuffisante. En face, le Syndicat national de l’édition réplique que « l’offre n’est pas là, car il n’y a pas de demande ».

En attendant de résoudre cette affaire de poule et d’oeuf, les universités ont été invitées, à travers le consortium Couperin, à s’associer à l’expérimentation Prêt Numérique en Bibliothèque, ou PNB. « Plus d’un an après, cette invitation à expérimenter PNB n’a encore rencontré que peu d’écho et aucun établissement n’a essayé cette voie », constate le rapport de l’IGB.

En cause ? L’investissement nécessaire à la liaison entre le SIGB, logiciel permettant de gérer la bibliothèque, et le système de Dilicom pour PNB. « Ce connecteur spécifique existe désormais pour plusieurs SIGB utilisés en lecture publique ; son développement risque de ne pas être une priorité pour les fournisseurs des SIGB universitaires », craint l’IGB. Pour y remédier, une mutualisation de plusieurs établissements ou encore la création d’une autre plateforme, pour contourner le problème sont envisagées.

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