L’ordinateur de José Saramago dévoile un journal inédit posthume

L’ordinateur de José Saramago dévoile un journal inédit posthume
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Décédé en juin 2010, l’immense écrivain portugais José Saramago n’a pas fini de dévoiler ses secrets. Oublié dans son ordinateur, un journal inédit sera publié quelque vingt années après avoir été écrit. Le prix Nobel de littérature avait laissé O Último Caderno de Lanzarote achevé, dans son portable, en 1998. 


 

La Fondation Saramago a fait une annonce fracassante : ce manuscrit était manifestement connu, mais, quand l’écrivain en avait parlé, personne ne savait s’il aurait l’opportunité de l’achever. Sa veuve, Pilar del Rio, rappelle qu’en 2011, lors de la présentation de Cadernos de Lanzarote V, Saramagao avait fait allusion à l’existence de ce travail.

Bien entendu, publier l’ouvrage, vingt ans après sa rédaction et pour le vingtième anniversaire de l’obtention de son prix Nobel… n’est pas anecdotique. Et pour Pilar del Río, « faire paraître vingt ans plus tard, c’est le bon moment pour révéler ses réflexions et confidences ». 

Mais tout cela reste « une découverte fortuite ». Et au cours de la conférence de presse qui a présenté le texte, la veuve a souligné toute la perplexité, tant des éditeurs que la sienne – en tant que traductrice de l’œuvre : tout le monde avait vraisemblablement et involontairement oublié le texte. 

« C’est fin février, en faisant une recherche sur l’ordinateur, j’ai fait ce que je n’avais jamais fait : j’ai ouvert un dossier appelé ordinateurs portables. » Et voici qu’elle découvre, déconcertée, un sixième carnet, sur un fichier. 

« Six… Il n’y avait pas de journal 6. Je savais qu’il y avait des textes, mais ils n’avaient pas été organisés. J’ai ouvert le fichier, et j’ai trouvé un livre, à deux heures du matin. »

Ce carnet raconte la vie de l’auteur, en 98, année de son prix Nobel, donc, et sera publié le 8 octobre prochain au Portugal, et par la suite, traduit en espagnol par Alfaguara. « Avec l’attribution du prix Nobel, la vie de Saramago a été chamboulée », se souvient-elle.


Foto de João Francisco Vilhena
 

Manifestement, le document n’est qu’à 80 % complet. Pilar del Rio reconnaît avoir dû recomposer certains éléments qui n’étaient qu’à l’état de notes. « C’est un livre très lié au Brésil, mais surtout au Mexique, à l’Argentine, à l’Uruguay, à la Colombie… Il est traversé par le continent. »
 

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Pour l’écrivain Manuel Alberto Valente, cette parution permettra également au Portugal de prendre mieux conscience de l’importance de l’événement, « qui ne peut pas être oublié ». En effet, souligne-t-il, il est regrettable « que certaines entités portugaises, ou le Portugal, dans son ensemble, n’aient pas mesuré l’importance de ce que cela signifie, surtout pour une année où il n’y aura pas de prix Nobel. »

L’auteur de L’Évangile selon Jésus-Christ n’a manifestement pas fini de nous surprendre. 

En France, Le Seuil fut son éditeur historique. Nous attendons de savoir si la maison prendra ce nouveau texte.

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