Un premier livre entièrement traduit par une intelligence artificielle

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Ces dernières années, les logiciels de traduction automatique comme Google Translate ne cessent de s’améliorer. Pourtant, ils ne dispensent toujours pas l’homme d’un travail de relecture attentif, de corrections et d’ajustements, afin de garantir la qualité et l’intelligibilité de la traduction.

Quantmetry, expert en IA, et DeepL, start-up allemande spécialisée dans la traduction automatisée basée sur le Deep Learning, ont entamé il y a quelques mois un défi technologique : celui de traduire intégralement un ouvrage scientifique de 800 pages avec une intelligence artificielle . Assurons d’ores et déjà que ActuaLitté n’a pas encore pu mesurer la différence entre le texte originel et la traduction : les informations communiquées relève de ce que l’éditeur a transmis.

Le Deep Learning en renfort de l’IA

Le Deep Learning (ou l’apprentissage profond en français) reste encore un domaine peu connu du grand public. Pour l’expliquer, imaginons une machine capable d’apprendre par elle-même au fur et à mesure sans l’intervention de l’homme.

Quantmetry et DeepL ont développé, au printemps 2018, un outil permettant de traduire des ouvrages techniques de l’anglais vers le français. Le défi était d’éviter une traduction littérale en tenant compte du contexte, des sous-entendus, des mots ayant plusieurs significations ou encore des tournures des phrases et des subtilités de la langue française.

En seulement deux mois et demi, le livre est traduit ! Bien sûr, une équipe de chercheurs de l’ENSAI, l’INRIA et du CNRS ont mené un travail de relecture, mais la qualité de la traduction rendue par l’IA relevait d’un niveau encore jamais atteint. 

80 % de temps gagné grâce à l’usage de l’IA

Le premier livre traduit par le Deep Learning est l’ouvrage de référence Deep Learning, écrit par Ian Goodfellow, Yoshua Bengio et Aaron Courville.

Quantmetry prévoit de mettre à disposition l’outil pour accélérer la diffusion du savoir scientifique dans la communauté francophone d’ici la fin d’année ou le début d’année prochaine. Quantmetry souligne que l’IA est performante pour traduire un contenu technique, mais que le rôle du traducteur humain reste essentiel, à plus forte raison concernant les ouvrages artistiques ou littéraires. 
 

« Cet ouvrage présente un contexte mathématique et conceptuel pour l’apprentissage profond, couvrant les fondations de l’algèbre linéaire, de théorie des probabilités et de l’information, du calcul numérique et de l’apprentissage automatique », indique l’éditeur dans sa présentation. Nul doute que si l’on venait à y trouver une métaphore, c’est que la pauvrette se serait égarée.

« Il offre également des perspectives de recherche couvrant des sujets théoriques tels que les auto-encodeurs, l’apprentissage de représentation, les modèles probabilistes structurés, la fonction de partition, l’inférence approximative et les modèles génératifs profonds. » Et la litote, elle met le chocolat dans le papier d’alu…

Un défi technique, mais pas seulement 

C’est aussi un manifeste pour défendre la francophonie dans l’enseignement des disciplines scientifiques, car, comme l’a bien noté Cédric Villani, on ne pense pas les mathématiques de la même manière en anglais et en français. 

La traduction de cet ouvrage répond à l’ambition de faciliter la transmission des connaissances les plus avancées sur le sujet, de participer à la formation des ingénieurs et chercheurs de demain et d’initier ainsi la naissance d’une véritable communauté autour des enjeux scientifiques, techniques et sociétaux posés par les algorithmes de traitement de données.

Le livre, coédité par Florent Massot et Quantmetry, sera mis en vente officiellement le 18 octobre au prix de 69 € dans toutes les librairies, à la Fnac et sur Amazon.

Retrouver le dossier : L’intelligence artificielle au service du livre et de la lecture

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